12.

Rencontre nocturne

« N’allez pas au nord. Les adultes ont disparu. Des monstres les remplacent. Nous sommes neuf. Nous allons au sud.

Il faut suivre les scarabées. »

Tobias retrouva un peu d’espoir.

— Tu avais raison, le Sud c’est l’avenir, lança-t-il. Mais c’est quoi cette histoire de scarabées ?

Matt fit la moue.

— Aucune idée. Viens, je ne sais pas combien de temps les échassiers resteront coincés, mais je n’ai pas envie d’être là quand ils descendront.

L’aube dressait timidement sa douce frange à l’horizon, cependant l’épaisseur des frondaisons était telle qu’il aurait fait totalement nuit s’il n’y avait eu les champignons lumineux.

— Tu crois que si j’en coupe un bout il continuera de nous éclairer ? demanda Tobias en marchant.

— Tu n’as qu’à essayer.

Tobias s’empressa de brandir son couteau de chasse et découpa avec soin un long copeau de chair blanche.

— Ça marche ! s’écria-t-il, on n’aura plus besoin de bougies !

Il glissa délicatement son trophée dans sa poche, sans que la lueur baisse d’intensité. Après quoi ils suivirent le sentier sur plusieurs kilomètres, tandis que le soleil se levait. Lorsqu’il fit tout à fait jour, l’éclat des champignons s’atténua, jusqu’à s’éteindre.

Ils marchèrent ainsi toute la journée, dans une forêt dense, ne prenant du repos que pour se sustenter et délasser leurs membres douloureux. En fin d’après-midi, ils n’étaient plus en état de poursuivre. Ils s’écartèrent du sentier pour se mettre à l’abri dans la végétation. Matt s’assit sur une souche, ôta chaussures et chaussettes, et découvrit cinq énormes ampoules.

— Tu as remarqué que la neige a disparu de ce côté du tunnel ? demanda Tobias.

— Et le climat est plus doux, il ne fait plus froid du tout, souffla Matt en grimaçant à la vue d’une sixième cloque.

Tobias se pencha sur les pieds de son ami et prit un air dégoûté :

— Je suis sûr d’avoir les mêmes ! Je ne veux pas les voir ! Mes pieds me font un mal de chien.

Sur quoi il prépara le réchaud à gaz et ils dînèrent en silence, trop exténués pour faire la conversation. Alors qu’ils commençaient à somnoler, Tobias émit l’idée de se relayer pour monter la garde.

— On ne tiendra pas, nos paupières se ferment toutes seules, on a besoin de tout le sommeil possible. Je ne crois pas que monter la garde servirait à grand-chose.

Tobias finit par délasser ses chaussures pour aérer ses pieds. Il se massa les chevilles.

— Tu penses qu’on va marcher longtemps comme ça ? demanda-t-il sur un ton grave.

Matt décela plus qu’une inquiétude dans sa voix, une résignation, un abattement soudain. Pouvait-il l’en blâmer ? Et que pouvait-il leur arriver de pire ? Ils marchaient, seuls, en ignorant ce qu’ils cherchaient, sans promesse de répit, rien que sur une intuition.

Mais je sens qu’il faut aller au sud ! tenta de se rassurer Matt. Les échassiers avaient peur que j’y sois déjà. Quelque chose là-bas nous aidera. D’autres rescapés le savent ! se répéta-t-il en se remémorant les mots sur la planche : « Il faut suivre les scarabées. »

— Je ne sais pas, avoua enfin Matt. On marchera le temps qu’il faudra. Mieux vaut ne pas y penser, le manque de certitude angoisse, et on n’a pas besoin de ça.

Tobias émit un ricanement :

— Tu parles comme un prof !

Matt fronça les sourcils avant de réaliser que Tobias avait raison. Depuis qu’ils étaient partis, il s’était bâti un comportement de meneur, jusque dans l’attitude : autorité et force apparente, ce qui n’était qu’une illusion. Tobias avait émis des signes de faiblesse qu’il avait fallu compenser, Matt l’avait tiré en avant et depuis il n’était plus redevenu l’adolescent terrifié qu’il était en réalité. Tout ça c’est du flan ! J’ai la pétoche ! J’ai envie de chialer comme un môme ! Mais en même temps, il devinait que ça n’arriverait pas, pas maintenant. Il se devait d’être fort. De les guider, Tobias et lui, vers le sud, vers l’espoir.

Malgré tout, une question le taraudait au point de fissurer sa détermination. Pourquoi lui ? Pourquoi les échassiers le pourchassaient-ils lui en particulier ? Pourquoi pas Tobias ? Et qui était ce « Il » pour lequel ils le traquaient ?

J’ai intérêt à me poser moins de questions et à dormir, se raisonna-t-il pour fuir ses doutes. Au fond de lui, il avait le sentiment que tôt ou tard il entendrait parler de ce « Il », les échassiers n’allaient pas l’oublier. À moins d’atteindre le Sud avant qu’ils ne nous retrouvent… Le flou vient très vite brouiller ses idées, tout s’emmêlait dans son cerveau, il avait besoin de fuir la réalité, pour un temps, de dormir, et c’est ce qu’ils firent, après s’être assurés qu’ils étaient bien cachés dans les fougères.

Avec un bel ensemble, tous deux rêvèrent. D’un monde normal. Avec des journées de cours, des professeurs qu’ils détestaient, d’autres qu’ils adoraient. Des repas en famille…

Matt ouvrit les paupières.

Il n’était pas chez lui, pas dans son lit sécurisant.

Il faisait encore nuit, une nuit opaque, obscurcie encore par la cime des arbres. Il avait froid, l’humidité s’était glissée dans son duvet, il avait mal au dos, et des courbatures sur tout le corps. Cette aventure-là avait un goût bien amer en comparaison de celles qu’il avait rêvées dans ses jeux de rôles.

Autour d’eux, des insectes stridulaient. Deux hiboux échangeaient leurs impressions à grand renfort de hou-hou sibyllins. Les champignons lumineux n’habitaient pas cette région, au grand regret de l’adolescent. Et soudain, jaillit dans la nuit un cri aigu, comme Matt n’en avait jamais entendu. Le cri grimpa et flotta dans l’air plusieurs secondes avant de cesser. Cela ressemblait à une plainte qui virait au rire obscène et saccadé d’une hyène. Une énorme hyène dégénérée.

Tobias s’était redressé d’un bond.

— Qu’est-ce… que c’est ? bégaya-t-il.

— Ce qui m’a réveillé, je crois.

Matt avait déjà saisi son épée sans pour autant la sortir du baudrier.

Un arbre se mit à grincer, tout proche. Puis la végétation fut violemment secouée.

— Là ! s’écria Tobias en désignant une lourde branche qui tremblait encore. La vache ! Ce truc doit être énorme !

Il se jeta sur son arc et tâtonna à la recherche de ses flèches avant d’en encocher une et de se relever pour scruter les alentours.

Matt laissa échapper un gémissement et s’approcha lentement pour lui murmurer :

— Je le vois ! Il est là-haut… Accroupi à l’endroit où le tronc se sépare en deux.

Tobias leva les yeux, et se raidit. Une forme étrange, aussi haute qu’un homme, guettait. Matt insista :

— Tu l’as repéré ?

— Ou… Ouais. Je… J’ai… la pétoche, Matt.

Matt demeura impassible. Lui aussi était terrorisé. Il distinguait de longues griffes à la place des mains et des pieds. Et brusquement, la créature se pencha pour mieux voir les deux garçons.

Un frisson secoua Matt.

La tête du monstre ressemblait à un crâne recouvert d’une peau blanche, sans chair ; la mâchoire proéminente retroussait les lèvres sur des dents acérées et anormalement longues. Une immense bouche pleine de crocs qui ne cessait de répandre une bave épaisse. Ses yeux luisaient, attentifs.

Une abomination taillée pour découper, arracher. Un prédateur.

Soudain, Matt comprit qu’elle allait bondir.

Il tira la poignée de sa lourde épée et la lame apparut devant lui. Ses deux mains se joignirent sous le pommeau et il ne cilla pas, en se demandant s’il tiendrait longtemps. Il luttait pour ne pas s’effondrer et hurler de peur.

Du coin de l’œil, il distingua la pointe d’une flèche. Tobias venait de mettre en joue la bête. Le triangle de métal tremblait tellement que Matt douta qu’il puisse toucher sa cible, même immobile.

Brusquement, la créature tourna la tête et huma l’air. Elle semblait hésiter, reporta son attention sur les deux garçons, renifla à nouveau en direction du sentier et lâcha un cri rageur en direction de ses proies.

Avant que Tobias puisse décocher sa flèche, elle avait disparu, bondissant d’arbre en arbre pour se fondre dans la nuit.

Tobias soupira et se laissa choir sur son duvet.

— Quelque chose approche par le sentier, chuchota Matt. Quelque chose qui a fait fuir ce… cette bestiole.

Au moment où il prononçait ces mots, une forme animale se profila dans les ombres du chemin. Les garçons réintégrèrent vivement le couvert des fougères.

— Tu as vu ce que c’était ? s’enquit Tobias.

— Non, c’est gros, avec des poils, on aurait dit une panthère ou un ours, mais c’est allé trop vite.

Le pas lourd de la bête écrasait les branchages, puis il ralentit. Ils perçurent de petits sifflements : elle reniflait le sol.

— Elle nous sent, articula Matt sans voir.

Tobias hocha la tête, gagné à nouveau par une angoisse sourde. Quel genre de monstre pouvait faire fuir un prédateur comme celui qui les avait repérés plus tôt ?

C’est alors que la bête fendit les broussailles et marcha vers eux.

Matt se redressa, l’épée devant lui, prêt à frapper malgré la terreur qui le privait de toute force. Tobias en fit autant, avec l’énergie du désespoir il banda son arc.

Un énorme chien apparut.

Les babines flottantes, le regard doux, on eût dit une sorte de croisement entre un Saint-Bernard et une Terre-Neuve. Tobias sentit la corde de son arc glisser sur ses phalanges moites.

— Qu’est-ce qu’on fait ? bredouilla-t-il.

Le chien parut surpris par l’accueil, il ouvrit la gueule, et sortit sa grosse langue rose en haletant, comme s’il était content de lui. Il ressemblait à un gros nounours.

— Range ton arc, conseilla Matt. Il n’est pas méchant.

Une fois les gardes baissées, le chien s’approcha et vint se frotter contre Matt qu’il gratifia d’une léchouille satisfaite.

— Qu’est-ce que tu fais là, toi ? C’est pas un endroit pour les chiens.

— Il a un collier ?

— Non. Rien du tout.

— C’est curieux, jusqu’à présent les seuls chiens que j’ai aperçus étaient redevenus sauvages.

L’animal se mit à errer dans leur bivouac de fortune, reniflant les sacs et les places où ils avaient dormi.

— Peut-être qu’il nous piste pour le compte des échassiers, hasarda Tobias.

— Non. Il n’a rien d’agressif, c’est une bonne pâte.

— Alors il est sûrement à quelqu’un ! Qui ne doit pas être loin derrière !

— Non, répéta Matt. Il a le poil plein de nœuds, il n’a pas été brossé depuis un moment. Détends-toi, Toby. Ce chien est… un ami.

— Un ami ? s’indigna Tobias. Un truc énorme débarque en pleine nuit et aussitôt tu l’adoptes !

— Il faut lui trouver un nom, proposa Matt.

— Un nom ? Tu… veux vraiment le prendre avec nous ?

Le chien tourna brutalement la tête vers Tobias et le fixa. Tobias resta bouche bée.

— Il… il a compris ce que je viens de dire ?

— En temps normal je te dirais que c’est impossible mais là…

Tobias leva les paumes devant l’animal :

— J’ai rien contre toi, c’est juste que…

— Plume ! Il va s’appeler Plume ! Ça lui va bien !

Matt se mit à rire. Il lui sembla qu’il ne l’avait plus fait depuis une éternité. Le chien planta ses prunelles brunes dans les siennes.

— Ça te plaît ?

La longue queue battit la mesure. En d’autres circonstances, Matt n’y aurait pas prêté attention, mais le monde avait changé. Leurs repères avaient changé. Bien différents de leur ancienne vie. Ancienne vie. Ces deux mots faisaient mal.

— Écoute, dit Matt à Tobias, il n’a pas l’air affamé, il doit se débrouiller pour manger, il peut marcher en silence et…

Une idée lui vint. Il ramassa son sac à dos et s’approcha de Plume.

— Tu pourrais prendre ça sur ton dos ?

Tobias ricana.

— Tu crois qu’il va te répondre ?

Plume se tourna vers lui une fois encore et le fixa comme s’il était stupide. Matt posa le sac sur le dos du chien qui ne broncha pas.

— Bien sûr, il faudra bricoler un système de harnais quand on croisera une ville, mais ça peut se faire.

Tobias haussa les sourcils.

— Voilà qu’on va faire équipe avec un chien, maintenant. Un chien savant en plus !

Réveillés pour réveillés, ils décidèrent de ranger leurs affaires et de se remettre en route. Matt s’apprêtait à craquer un tube lumineux mais Tobias sortit le fragment de champignon de sa poche. Il brillait encore, aussi intensément qu’une petite lampe, irradiant une clarté d’une blancheur parfaite. Tobias ramassa un long bout de bois qui pouvait lui servir de bâton de marche et embrocha le fragment lumineux.

— J’ouvrirai la voie, lança-t-il.

L’épisode du chien les avait apaisés. Plume n’était qu’un gros compagnon plein de poils, sans comparaison avec la créature qu’ils avaient aperçue, néanmoins il les rassurait.

Ils marchèrent toute la nuit, Plume gambadant à leur côté. Tobias ne pouvait s’empêcher de le surveiller, il ne partageait pas le même enthousiasme que son ami à l’égard du chien. Il soupçonnait un piège, tout cela était surréaliste. Que faisait dans les parages un chien comme celui-là ? Pourquoi les suivait-il ? Simplement parce qu’ils étaient l’unique forme de vie amicale qu’il avait croisée ? Parce qu’ils étaient les derniers représentants de la race humaine, ses anciens maîtres, qu’il avait sentis ? Quelques heures plus tard, face à l’apparente placidité du chien, la méfiance retomba et Tobias finit par se résigner. Après tout, Plume était aussi content que Matt d’avoir retrouvé des êtres sympathiques dans cette étrange forêt, ce qui pouvait expliquer son enthousiasme à les accompagner. Quant à son intelligence… Plus rien n’était comme avant, il fallait l’accepter.

Durant leur longue marche, Plume s’arrêta de temps à autre pour fixer les ténèbres de la forêt, ce qui ne manqua pas d’alarmer les garçons. Cependant, rien ne vint troubler leur progression, ils purent poursuivre jusqu’en fin de matinée où, lors d’une pause, Tobias désigna Plume qui urinait sur des pissenlits.

— Euh… je crois que c’est une fille.

Matt fit signe que ça lui était égal. Seule la présence du chien lui importait.

Ils marchèrent toute la journée, se reposant pendant deux heures pour manger, et à leur grand étonnement ils trouvèrent la force de suivre le sentier jusqu’à la tombée de la nuit. Là, la forêt se clairsema enfin.

Et avant que leurs dernières forces ne les abandonnent et qu’ils s’effondrent dans le sommeil, ils virent les scarabées.

Des millions de scarabées rouges et bleus.

Autre-monde 1 - L'Alliance des Trois
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